« Mila de nulle part »

PARUTION :

22 JUIN 2021

Édition In8

… Mila n’a pas eu la vie facile. Trimbalée de famille d’accueil en famille d’accueil, repoussée par une mère toxique, elle tente à vingt ans de se construire une vie, trouve un job de postière, et s’installe dans la maison d’un garde forestier parti à la retraite, en lisière d’une forêt. Elle s’y engouffre pour de longues promenades, s’y oublie, s’y retrouve. Jusqu’au jour où elle tombe sur la dépouille d’un chien, écartelée sur un arbre. Dans cette forêt, Mila n’est pas seule.

Marie Murski a longtemps écrit de la poésie. En 2018, elle publie chez In8 Les orchidées volantes, un livre noir et onirique sur une folie familiale, où l’on découvre une voix unique, une écriture précise et envoûtante, un univers : un écrivain.

 

Publié par Josée Guellil le :

« Mila, une jeune femme de 25 ans, s’installe dans une maison de garde-forestier, en lisière de forêt. Ne cherchez pas chez elle l’héroïne au physique de magazine. Elle n’a pas le profil d’une gagnante. Elle a été esquintée par la vie, confiée à des familles d’accueil par une mère toxique, présumée héritière d’une faute familiale qui se serait inscrite dans son corps. Une femme albinos, des mains palmées, un côté gauche du corps qui se glace, se paralyse. Peu aimée des hommes, Mila apaise son angoisse en s’immergeant dans la forêt, à l’occasion de longues explorations. Pourtant, le monstre, ce n’est pas Mila. Car cette forêt loge un ogre. La jeune femme le découvre en tombant, un beau jour, sur la dépouille d’un chien qui a été écartelé sur un arbre – c’est le début du roman.

A vrai dire, l’héroïne de cette histoire, c’est bien cette forêt primordiale, cet enchevêtrement aussi organique que l’écriture de Marie Murski. Elle est en même temps la forêt des contes et la forêt primaire, un berceau d’humanité et le réceptacle du sadisme des hommes, ce qui recèle et ce qui révèle, passive et agissante, charnelle et métaphysique, le lieu où Mila se perd et où elle se retrouve. Mila est notre courroie de transmission. Avec elle, on entend ce qui s’y trame, comme si elle amplifiait les communications qui s’établissent, dans l’humus, entre les radicelles.

Ce n’est pas l’histoire d’une illuminée. C’est un conte pour adultes où une petite fille chétive est abandonnée par sa mère dans une forêt où vit Barbe bleue. C’est l’histoire d’une plante chétive, mal aimée, face à un colosse mauvais. Le duel qui les oppose, en fin de roman, est grandiose : une acmé, un incendie. »

 

Atouts du livre

  •  construction et tension du thriller : motorise la narration en empruntant les codes dramatiques du thriller : tension, suspense, ombre latente du criminel. Le lieu n’est pas spécifié géographiquement (l’histoire peut se dérouler partout à condition qu’il y ait une forêt ancienne à proximité) mais le récit s’ancre dans un temps contemporain qui affleure sporadiquement (gilets jaunes, forêts qui brûlent en Amazonie, Sibérie, Australie, covid). Une véritable enquête se met en place : on part sur la trace d’un tueur en série.
  • écriture splendide, sûre d’elle-même, faite de mots rares et d’un rythme ample. Lyrisme, onirisme des lieux. La forêt est un personnage à part entière. C’est ce qui emportait déjà dans « Les Orchidées volantes », et ce que l’on retrouve dans Mila : une écriture unique, mais dans une narration plus vive.
  • thématiques : Murski traite de thématiques qui la hantent, mais qui résonnent totalement avec des sujets contemporains : le règne végétal et les interactions végétales, la Shoah, la transmission des fêlures familiales et traumas, les violences faites aux enfants, la toxicité dans les rapports familiaux.
  • cryptage symbolique très riche dans des personnages forts : la jeune fille Mila avec ses handicaps (paralysie du côté gauche de son corps), la mère Olga (alcoolique), le garde champêtre et sa compagne tsigane.

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EDITIONS « IN8 »
www.editionsin8.com
CONTACT PRESSE : Josée GUELLIL 05 59 12 08 70 – 06 71 81 05 69 josee@editionsin8.com

Avec Marie MURSKI : "Mila de nulle part."

 « MILA DE NULLE PART »
Il faut toujours de la belle et bonne verdure pour présenter un livre de Marie Murski , qui publie son sixième livre de prose, son quatrième roman.
Est-ce une fatalité que Mila soit seule, abandonnée et de « nulle part » ? Ce prénom est-il marqué par la fatalité ? Ou bien par la lâcheté de beaucoup ? Le roman nous le dit. Le quotidien aussi (une autre Mila), différemment.
L’écriture est éminemment poétique, car Marie Murski est une grande poète. Son livre « Ailleurs jusqu’à l’aube », est l’un des meilleurs livres publiés par Les Hommes sans Epaules.
Un onirisme propre, un ton, des combats, un imaginaire, une marque, la tripe et la patte; tout cela, nous le retrouvons aussi dans la prose.

« MILA DE NULLE PART » chroniqué sur le site-blog POLARMANIAQUE par Jean Michel Isebe

« Une forêt primaire avec ses futaies, sa canopée, ses arbres immenses remplis de sève et de vie, plongeant jusqu’au ciel, Mila, cette jeune femme venue de l’inconnu, à l’ascendance affreuse mais à la formidable ténacité, et l’Homme, dans toute sa noirceur, sa perversité, sa prédation, son insondable bêtise, tel se présente ce splendide opus à l’écriture étincelante, vive, chatoyante qui, à travers une apparence de fable, de conte naturel, une histoire d’une profonde tristesse et d’une clairvoyante sagacité, nous narre le combat sans merci du Mal contre le Bien, mais aussi la victoire irrémédiable de Dame Nature et la défaite définitive du genre humain, cet aveugle qui persiste à ne pas vouloir clair! Mila, c’est une enfant rejetée dès le départ, parce que différente, albinos à la main gauche palmée. Elle va ainsi être bringueballée de foyer en famille d’accueil, sans affect, sauf à rencontrer Jérémy qu’elle voudrait sauver de son esprit de soumission. Et puis Mila va grandir, enfin si peu, et en apprendre de son ascendance terriblement lourde par Olga, sa génitrice alcoolique au dernier degré, qui va lui balancer en pleine figure que Ludmila, sa grand-mère, était une nazie d’Autschwitz des plus fanatiques, juive qui plus est. Mila va tenter de se requinquer à la campagne, à l’orée d’une immense forêt dont elle va tomber amoureuse. Mais trouver un cadavre de chien martyrisé dans cette même forêt et va lui donner l’envie d’une nouvelle mission, retrouver le corps du petit enfant disparu d’une nouvelle amie, Zinnia car Mila parle aux arbres et elle est intimement persuadée que le fils se trouve enseveli quelque part. Car le Mal rôde, incontestablement. Quelle force, quelle puissance dans ce roman qui nous informe crûment, sans forfanterie, que la nature de l’Homme est ainsi faite qu’il n’y a rien à en attendre de bon, en dépit de toutes ses rodomontades et de ses dénis. Le lien est fait, indéfectible, entre les horreurs indescriptibles par exemple du nazisme ( ce ne sont pas les seules, loin de là, au fil des siècles, bien malheureusement!) et les crimes perpétrés par le genre humain vis-à-vis de notre planète d’accueil . Extraits : « Mila avait remarqué combien, d’année en année, « on vivait moins » dans la forêt. On bruissait moins, on bourdonnait moins, on voletait moins, on galopait moins, on bramait moins, on chantait moins, on pépiait moins, on hululait moins. » « Les arbres augurent, en étincelles, la fin de l’espèce humaine, et s’organisent pour tenir jusque-là. De forêts dévastées en forêts qui brûlent, ils coordonnent, ils se préparent. Mila laisse aller son oreille, ses côtes, son ventre, elle se rend à cette nouvelle, n’en est pas affolée, ni surprise; cette espèce, la sienne, contient le Mal absolu, elle est dévastatrice, elle veut tout, elle mange tout, elle détruit tout, bon débarras ! » Cet ouvrage me fait indéniablement songer à la « Banalité du Mal » d’Hannah Arendt. Vifs remerciements aux éditions Inuit et à Josée Guellil . »

« MILA DE NULLE PART » chroniqué sur le site-blog IMAGINOIRE par Ul Rich

« Marie Murski nous entraîne dans un envoutant roman sylvicole, à la rencontre de Mila, jeune femme atypique, abîmée, rejetée, vivant isolée au milieu de la forêt, véritable personnage secondaire de ce récit poétique.

Mila, albinos à la main gauche palmée se retrouve un peu par accident sur cette Terre. Rejetée dès sa naissance par sa mère, elle erre, telle une âme en peine de famille d’accueil en famille d’accueil ou foyer. Incomprise par beaucoup, jeune adulte, elle trouvera une certaine forme de paix en emménageant dans une maison isolée en forêt, choisissant comme compagnons les arbres qui l’entourent. Eux seuls semblent connectés avec elle, ils se comprennent. Seulement, Mila n’est pas seule à vivre en ce lieu reculé et la découverte du cadavre d’un chien mutilé le lui rappellera. Elle se mettra alors en tête de découvrir l’auteur de ce crime, en plus de chercher à lever le mystère de la faute qu’aurait commise sa grand-mère, juive polonaise, déportée au camp d’Auschwitz.

Dans ce récit, avec beaucoup de poésie, l’autrice, nous plonge dans le Mal, celui qui se cache au fond de certaines âmes. Néanmoins, elle nous démontre qu’une autre voie est possible. Très vite, grâce à son talent et à une certaine magie, elle nous lie à Mila, cette jeune femme qui fait preuve d’une incroyable envie de vivre alors que tout semble se liguer contre elle. Mila est la lumière, l’étoile qui brille au milieu de l’obscurité. «