"Ailleurs jusqu’à l’aube", 3ème prix Mallarmé 2019

Vive la poésie ! Vive ce bien précieux que j’avais cru perdu lorsque j’étais décervelée, minuscule chose écrasée au fond de mon jardin !
“Ailleurs jusqu’à l’aube” rassemble l’intégralité de mon œuvre poétique ; du tout début (j’avais à peine 15 ans) jusqu’aux derniers poèmes écrits l’été dernier. Les hommes sans Épaules, artistes-guerriers comme il se doit, m’ont fait un bel ouvrage avec une préface de Christophe Dauphin, de l’Académie Mallarmé. Quelle joie ! Lisez-moi, suivez-moi dans les grandes animaleries du ciel…

M.M

Une œuvre poétique …Une berceuse fleurie sur des mots écorchés …
Un Ailleurs tourmenté, torturé …
un Ailleurs qui nous inonde …
un Ailleurs évocateur … onirique ou cauchemardesque

La poésie des

sensations


L’émoi des mots qui se conte à voix haute, pour en saisir toute

l’intensité

Les mots qui se cognent, s’inventent, se chevauchent, se caressent, se libèrent, s’emprisonnentse fracassent

Une oeuvre qui, la dernière page tournée se garde encore à portée de main …

Marie Murski,

une poétesse, qui avec merveille sublime les mots …

« elle y trouvait des mots légers suspendus à l’encre, ..

. » p 166

Quel délice !!

Blog de Vérone Lix’elle

Crédits photo : Blog de Vérone Lix’elle
 

Pendant longtemps je n’ai pas eu d’élégance,
je veux dire avec la poésie.
Avec les ascenseurs, le bruit d’échappement
était différent, sérieux à la minute près. Tous les
ciels se concevaient, même le cœur se soulevait précieusement.

L’homme se rencontrait, osait la main sur la
paroi, le frôlement, le premier bouton sur la robe,
indiscutable.
Ainsi ai-je voyagé.

La poésie était en terrasse, vers les maisons
blanches. Elle avait le caractère impromptu d’un bas
de porte, quand elle s’ouvre et qu’on n’ose pas lever
les yeux.

Ailleurs jusqu’à l’aube (La baigneuse)

Il y a dans mes jardins
des peurs bleues à trompettes
un serpent pour les fillettes
aux yeux tardifs dans les rocailles
un été de chair
des femelles fêlées
la fonte en jambes des iris bleus
chuchotants de bourdons.

Il y a un cavalier qui se pose sur les ventres
comme une brûlure
on le reçoit par l’étoile rouge de sa bouche
des camélias pendent à ses reins
comme des trophées
mortes eaux peuplées de croix
et de prières.

Il y a aussi
des petits péchés mortels
à la fourrure brune rousse délicieuse
que je piège dans les bois
pour les fleurir en mes jardins.
Ailleurs jusqu’à l’aube (Le bleu des rois)

L’amour

L’amour, dit-elle
comme elle tordait son linge,
l’amour ?
mais pardon je n’en puis plus.

Piège ouvert qui palpite
gorge blême avec couteau du soir
au parloir
la main si menue sur le manche des sorcières
le simple abricot des nouveau-nés
frémissant sous la jupe.

L’aiguille de midi repasse à cinq heures
tous les jours
épingle l’aile affolée des chemises Petit Bateau
faufile les babygros à bascule qui s’élèvent
puis éclatent comme des ballons soufflés trop
court.
Attention : Hôtel du Nord.

Des siècles qu’on te le dit !
Mais as-tu seulement un nom
petite sœur des grandes batailles
de fers à repasser les immortelles
fœtus après fœtus ?

Plus tard
le sourire épuisé
accrochée dans les cordes
quand revient le boxeur de tes nuits
tu tâches de ricocher.
Ailleurs jusqu’à l’aube (Le grand imperméable)

Nous avions pour jouer
la forêt la discorde

la mollesse de l’aurore
chat perché sur ton épaule.

Tu recevais dans tes prés d’eau
des gestes de couteau
tu pleuvais en juillet
pour faire tourner les aubes
des communiantes et des rivières.

Tu jouais à la syncope
et moi à faire chanter les évanouies.

Tu ne savais pas que nous deviendrions
petites et muettes.
Ailleurs jusqu’à l’aube (Le bleu des rois)

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